Lac Tislit

("La fiancée")

 

La légende

Il y a très longtemps, au temps où les combats mettaient fréquemment aux prises les deux fractions Aït Hdiddou, Aït Yazza et Aït Brahim, pour des questions de pâturage, vivaient en transhumant au plateau des Lacs et en bon voisinage, deux familles appartenant à l’une et à l’autre de ses fractions.

Une jeune fille d’une « tente » Aït Yazza aimait le fils d’un notable d’Aït Brahim.

La paix existait alors, pour permettre le pacage des troupeaux sur le plateau des lacs. Le mariage des deux jeunes gens était décidé lorsque survint un incident qui dressa, l’une contre l’autre, les deux fractions, et en fit des ennemies.

Cependant chez les jeunes gens l’amour est plus fort que l’esprit de tribu. Ils insistent pour obtenir l’autorisation de se marier, mais ne peuvent l’obtenir de leurs parents intransigeants. Ils attendent quelques jours, espérant fléchir leur résistance et les nuits d’été connurent leurs rencontres clandestines et platoniques.

Un jour pourtant, au cours d’un combat, les deux familles perdent chacune un de leurs guerriers ; le mariage, de ce fait, est devenu pour toujours impossible aux deux jeunes gens qui se concertent et décident de mourir ensemble.

Le lendemain, après avoir averti leurs parents, ils se rendent, au soleil couchant, la jeune fille au petit lac, le jeune homme au grand lac et, lorsque le soleil est sur le point de disparaître à l’horizon, les deux lacs engloutissent les corps des amoureux. Dieu, pour punir les parents, n’a jamais voulu faire rendre les cadavres.

Depuis ce jour, le petit lac s’appelle « La fiancée » (Tislit) et le grand se nomme «Le fiancé » (Isli).

Le plateau qui contient ces lacs rappelle à chacun la légende par son nom Islan (« Les fiancés »).