Tinghir et sa palmeraie

Gorges du Todgha

 

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Autres noms: Tinghir, Tinrhir, Tinerhir

Région du Souss-Massa-Draâ, Province de Tinghir

Altitude 1’300 m

Tinghir est située dans le sud-est marocain, au sortir du Haut Atlas et face au Adrar Sarhro ; faisait partie de la province de Ouarzazate jusqu'en 2009, elle est depuis la capitale de la province berbère de Tinghir (avec Boumalne, El-Kelaa, Assoul et Alnif).

Le nom de Tin-Ghir désignait initialement le lieu (« TIN ») de la montagne "IGHIR" (épaule en tamazight) et désignait un village de berbères judaïsants au centre de l'oasis du Todgha. La ville proprement dite de Tineghir compte 36’000 habitants tandis que l’oasis dans son ensemble totalise 86’500 habitants selon le recensement de 2004. Tineghir, tout comme la région de Ouarzazate, est peuplée de Berbères. Elle est au centre d’une des plus belles oasis du sud marocain. Cette palmeraie luxuriante s’étend sur environ 30 km et sur 500 à 1’500 m de large en suivant l’oued Todgha.

La palmeraie de Todgha, très dense et très étendue, se compose uniquement des deux rives de l’Asif Todgha ; elle est irriguée par un réseau de canalisations qu’on appelle Tirgwin. Absorbée par un grand nombre de ces canaux d’irrigation, l’eau de l’asif n’arrive généralement pas jusqu’au Ferkla.

Géographie naturelle

Tineghir est une immense oasis. Le climat de la région est du semi-aride, (140 mm/an de pluie, de manière irrégulière), avec des hivers frais, liés à l'altitude (1’430 m en moyenne).

Elle est néanmoins le point le plus élevé (en altitude) de pousse du palmier dattier qui a connnu récemment une gravissime déprise au profit de l'olivier.

La région de Tineghir est coincée entre deux massifs montagneux, s’étendant sur plus de 700 km de long, du sud-ouest au nord-est du Maroc : Le Haut Atlas (ou Duran) au nord culminant à plus 4’100m (Adrar Mgoun). Le Adrar Sarhro au sud, continuité naturelle de l'Anti-Atlas occidental. On parle alors de sillon Sud-Atlasique, où se situe d’ailleurs la route allant du Ouarzazate au Tafilalet par Skoura, Mgouna, Dades, Todgha, Ferkla, Gheris.

Pendant l’ère secondaire, cette région a été envahie périodiquement par la mer, d’où d’épais dépôts de sédiments riches en fossiles marins (les ammonites étant largement représentées).

La surrection [formation d’une chaîne de montagne, NDLR] de l’Atlas, durant le tertiaire principalement, provoque le retrait de la mer et les déformations des strates de roches (plis, failles). L’érosion éolienne et fluviale finit de façonner ce paysage désertique de roches calcaires et argileuses.

La rivière Todgha a creusé au cours du temps ces couches de roches, ce qui a donné naissance à d’impressionnantes gorges hautes de 300 m mais larges seulement de 10 m à certains endroits.

Pour plus d’informations sur les Gorges du Todgha, voir la description plus loin.

Cette rivière s’élargit ensuite et sur ses bords se développe un oasis de verdure (potagers, palmiers dattiers…) tranchant radicalement avec les couleurs ocre rouge de ce désert de pierres.

L'économie de la ville repose essentiellement sur les devises de sa population émigrée, et des retombées de leurs vacances au pays en juillet et août mais aussi de l'élevage laitier (les champs sont couverts désormais de luzerne et de maïs) et des services liés au tourisme (notamment les nombreux artisans de Tinghir) :

Devenue un point de commerce prospère, la ville de Tinghir compte actuellement plus de 1’800 artisans locaux. C'est un vrai centre d'attraction commercial de la région. Orfèvres, menuisiers, forgerons y font un étalage au centre de la ville. Des artisans ont toujours gardé la tradition de leurs pères. C'est très encourageant de voir conserver ces savoirs ancestraux. Les souffleurs anciennement utilisés pour entretenir le feu de la cuisine, sont aujourd'hui vendus comme éléments décoratifs des coins des intérieurs des maisons.

A ce sujet, vous pouvez faire connaissance avec Zinba,

tisseuse traditionnelle de Tinghir en cliquant ici.

 

 Pour en savoir plus:

"La montagne, l'eau et les hommes en milieu semi-aride: l'économie de la palmeraie de Tineghir"